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Patrice Jania
Patrice Jania est né le 24 février 1966, à Versailles, dans les Yvelines. En 1973, ses parents quittent Le Chesnay où ils habitent pour s’installer sous le climat plus clément du Sud-Ardèche. C’est Aubenas qui les accueille, Patrice y fera toute sa scolarité, au quartier des Oliviers. Il commence la guitare à 14 ans, par hasard, parce qu'on lui prête un instrument jugé trop difficile. Son père lui offre peu de temps après une guitare d'étude, cordes acier, dure à jouer, mais peu de gens dans la famille font de la musique. Et puis les adolescents ont parfois des passions qui s'estompent aussi vite qu'elles ont pu apparaître.
En dépit de ses doigts un peu endoloris, Patrice insiste et achète un 33T de guitare que lui recommande son disquaire. Deux mois plus tard il en joue tous les titres, et il passe ainsi en revue tous les disques qui accrochent ses oreilles, relevant les airs “à la feuille“, s'apprenant seul des pièces parfois difficiles, mais qui ont peu à peu forgé sa technique et développé ses connaissances. Lecteur de tablature, il faudra un peu de temps pour associer ses connaissances en solfège et en harmonie à l'instrument. Là aussi, il franchit le pas en étudiant des ouvrages, en transposant des partitions classiques en tablatures, et réciproquement. La pratique est réfléchie et les oreilles sont grandes ouvertes.
Patrice poursuit ses études au collège, et à la fin de la 3°, son professeur de musique, donne à son choix un tournant décisif en lui offrant une vraie guitare d'étude, classique et bien réglée. Il jouera donc de la guitare souvent, par plaisir et reconnaissance, le jour du bac à l’option musique. Bon élève, et malgré le soucis des parents qui l’entendent plus souvent à sa guitare qu’à ses leçons, il obtient son BAC Philo avec mention “bien“.
Il commence un parcours universitaire, qui fera de lui un professeur d'anglais. Son année de maîtrise se déroule en Ecosse, où il étudie, mais passe quand même beaucoup de temps dans les pubs -une immersion culturelle- se laissant charmer par un univers musical différent, où chacun se retrouve avec qui sa mandoline, qui sa guitare, qui sa voix ou sa cornemuse. Époustouflant. La musique s’encre davantage dans son inconscient, dans sa vie.

De retour en France, il part au service militaire, à Strasbourg. Il termine celui-ci en septembre 1988, et court à Paris assister au concert de Marcel DADI et Jean Félix LALANNE à l’Olympia. Le lendemain du concert, il croise Marcel dans l’un de ses magasins rue de Douai dans le 9° arrondissement de Paris. Ce dernier l’informe de l’existence d’une convention de pickers, dont la première aura lieu en novembre l’année suivante. Il repart à Strasbourg, où il enseigne l’anglais, pendant trois ans, personnel civil à l’Ecole Militaire.
Entre temps, la première convention a lieu. Il arrive un peu en avance à Issoudun Capitale de la Guitare, une demi-journée trop tôt, tout comme Eric Gombart avec qui il partage quelques titres sur un banc. Le début d’une amitié qui dure encore aujourd’hui au sein du quartet Les Superpickers dont ils font partie avec Bruno Mursic et Antoine Tatich. 
Marcel Dadi arrive en soirée et leur amitié commence. Elle allait les mener jusqu’à travailler de nouveaux duos. Le rêve d’un guitariste amateur : jouer avec son mentor. Mais il n’est pas facile de confronter ses connaissances et ses parcours, face à une star du monde de la guitare. Leur collaboration musicale s’arrête pour préserver l’amitié qui en est née. Sous l’impulsion de Marcel, Patrice démissionne de son poste de prof d’anglais, et se lance dans la musique. Nous sommes en 1990.
Peu de temps après son retour en Ardèche, Marcel lui téléphone, et lui propose d’enregistrer un titre en duo avec lui, “Naomi’s Waltz“, sur ce qui allait être son dernier album. Marcel disparait dramatiquement dans un accident d’avion en 1996.

Patrice vit en Ardèche. Il donne des cours et quelques concerts. Il entreprend alors de suivre une formation musicale complète “pour éviter de dire n'importe quoi à ses élèves“. Il intègre Jazz action Valence, dans le cours de Gilles Trial. 
 Soutenu par Marcel Dadi, il croise de nouveau partenaires de travail. Il correspond avec des maisons d’édition. Il rencontre ainsi Hit Diffusion qui le sollicite pour la réalisation de deux ouvrages, en 1993 et 1995 consacrés aux chansons de Jean Jacques Goldman.
Ce grand professionnel tient à valider tout ce qui parait engageant son nom. C’est ainsi que Patrice se retrouve à plusieurs reprises dans le salon de Jean Jacques Goldman, à jouer de la guitare et viser ses relevés et ses adaptations pour guitare seule en sa compagnie.

En 1996, après la disparition de Marcel Dadi et l’hommage à l’Olympia où les Superpickers interprètent un Medley de ses musiques, Patrice discute avec Franck Cheval. Il se sont connus là encore lors de la première convention d’Issoudun. Franck livrait “Princess“ à Marcel. Une merveille de lutherie et de nacre. Patrice voudrait une guitare, une à son idée. Pas celle dont on se lasse au bout de quelques mois. L’instrument se construit sur le papier. A peine sa jumbo custom (qui porte aujourd’hui le nom de “signature Patrice Jania“) voit-elle le jour en 1997 que Franck provoque la rencontre avec Francis Cabrel. Venu partagé une scène intimiste et rare réunissant Steve Waring et Michael Jones, Francis Cabrel -heureux détenteur de plusieurs Cheval- a ainsi découvert les versions guitare de plusieurs de ses chansons sous les doigts de Patrice. Un projet : les publier avec un CD. Le premier volume de Voyage en guitare voit le jour, suivit par la collection Guitare solo aux Edition Henry Lemoine, consacrée à Maxime Le Forestier, Pascal Obispo, Johnny Halliday, Renaud (après une belle rencontre avec Jean Pierre Bucolo, grâce à Thierry Lamouche), Hugues Aufray et encore et encore Francis Cabrel.
Au fil des ouvrages, et à nouveau par Thierry Lamouche, la rencontre se fait en 2003 avec Noëlle et Yves Duteil. Le chanteur que Patrice a le plus joué dans ses premières années de guitare , là, devant, un instant de nostalgie où se mélange l’âme de l’enfance et le plaisir du partage. Une amitié commence, qui les lie encore aujourd’hui.

Il écrit par la suite un grand nombre d'ouvrages en solfège et tablature, parfois avec CD, pour contribuer à élargir le répertoire de la guitare moderne.
Il est à présent un des défenseurs de la guitare acoustique et du développement de la musique instrumentale dans sa région.
Le parcours d'un autodidacte n'est pas nécessairement celui d'un solitaire. La première rencontre de Patrice fut une histoire d'amitié avec le guitariste Dominique Dumont. Ce fut aussi l'occasion des premiers concerts, de l'émission « Guitaristes de notre temps » à l'antenne d'une radio locale, des premières compositions. Les longues conversations sur la sensibilité, le son, le soin des ongles. Tout ce que seuls savent ceux qui ont plus d'expérience et aiment la partager. Au bout d'un an d'apprentissage, on apprécie cette aide précieuse.
Marcel Dadi était de ces gens qui donnent leur savoir à qui veut l'apprendre. La trop courte amitié qui a réuni Patrice et Marcel sur un titre de son dernier CD a été un moment fort, le tournant décisif qui a incité Patrice à vivre de la musique.
Marcel a ouvert les portes d'un univers musical, en citant ses influences, ses amitiés, en offrant ses 25 années de recherche et d'étude.
Patrice Jania lui rend un hommage permanent à travers sa musique. Si le style est différent, c'est qu'il puise sa force dans une terre fertile.
Chet Atkins, Guy Van Duser, Larry Corryel, John Knowles, Roger Field, Muriel Anderson, Solorazaf, Duck Baker, James Kline, Tommy Emmanuel, Alain Giroux, Steve Waring, les chanteurs Jean Jacques Goldman, Francis Cabrel, Yves Duteil, Michael Jones. Autant de rencontres, parfois brèves, parfois studieuses, des jams, des émotions, des sensations...
Les enregistrements de John Renbourn, Tuck Andress, Gary Peterson, Merle Travis, Russ Barenberg, Dan Crary, Tony Rice, Doc Watson, mais aussi Bela Fleck, Tony Trischka…
Les artistes se bousculent dans la tête de Patrice Jania, et ses doigts font la synthèse de ce qui résonne le plus fort en lui.
Son identité musicale, Modern Folk Guitar, découle de l'écoute minutieuse de ses aînés, jusqu'à créer un style authentique. “On pourrait à l'infini chercher - et trouver - les musiques et les musiciens qui ont forgé son esprit musical, mais ce serait sûrement passer à coté de l'essentiel, à savoir la musique de Patrice Jania, précisément.“ (Antoine Payen - laguitare.com)

La chanson en filigrane, alimentant son répertoire, jalonnant son parcours, n’est toujours qu’instrumentale. Vingt ans plus tard, et si la chanson reprenait la parole ?
Quelques textes avaient déjà pointé le bout de leurs lettres dans deux albums, certains chantés en anglais après la traduction de Liane Edwards. Mais comment écrit-on une chanson ?
La meilleure façon de savoir est d’apprendre. Un stage d’écriture avec Xavier Lacouture, une dose de mise en pratique et une nouvelle histoire commence en 2013.
Un premier album intitulé “S’il suffisait d’une chanson” voit le jour, plébiscité par les artistes qu’il côtoie dans le monde de l’édition musicale. Ainsi Yves Duteil chantera un duo avec lui, sur la chanson “Marcher” qui raconte le chemin de Stevenson, sur son second opus chanté “D’un coup de vent”, sorti en 2016. Un troisième album de chansons originales parait en 2019, “Les vers de l’amitié”.